Le lipogramme

par Mme Tassel

Le soleil est revenu

Les fleurs sont écloses

Le froid ne survit plus

Et les petites choses

S’envole vers le ciel.

En février

On est en congé

En juillet

Se cueille un bouquet

En juin

Se goûte du vin

En septembre ou en décembre

Le froid revient

Je viens vous conter ce poème

Il est léger.

Le bouton de mon costume s’est enlevé. Je ne peux plus le mettre pour les noces de mon oncle. Je suis obligé de mettre cette vieille veste de mon père qui est tout usée. Ces jolies culottes conviendront très bien pour ces noces.

Mon coeur fendu

Pleure infiniment.

Il goutte dru

Tous les jours seulement.

Il fonctionne, mon coeur,

Très lentement.

Pour éviter les pleurs

Rien ne sert, malheureusement.

C’est l’été.

Je bronze sur une crique ensoleillée.

Je ne m’occupe de rien.

Je me repose comme mon chien

Qui se nomme Colin

Etendu sur son coussin.

Que c’est bon d’être en été.

L’immeuble est énorme. Seulement c’est ici que je vis. L’hiver est froid. Sur mon lit, j’observe cet homme, couché sur le lit des blessés. Les médecins sont venus le chercher. Il est tout froid, même gelé.

Je suis terrifiée. Je ne vois plus, je n’entends plus, je me suis perdue. Tout est noir. Personne ne peut venir, surtout me voir ou même me secourir.

Il brille de tous ses feux. Cette grosse étoile un jour explose. Et c’est notre univers qui meurt.

Dès huit heures, sur le trottoir du bonheur, près du collège, le long des murs beiges, nous rigolions des professeurs. Nous voulions leur offrir des fleurs.